Gestion active-vs-passive : combiner les deux approches pour de meilleures performances

Gestion active-vs-passive : combiner les deux approches pour de meilleures performances
by Simon Mauclair

 / Par Simon Mauclair, 29 juin 2018 15:23

Le débat gestion passive-versus-active s’est intensifié ces dernières années, alimenté par de récents “transferts” entre les fonds gérés de manière active et les fonds passifs, à l’image de Fidelity Investments. Entre les fervents défenseurs des deux approches, le dialogue semble évoluer vers l’idée qu’une combinaison actif-passif pourrait être un bon moyen de rehausser les performances sur le long terme.

NEW YORK, NY – JANUARY 16: BlackRock offices (Photo by Andrew Burton/Getty Images)

Gestion active

L’objectif de la gestion active est simple : surperformer le marché de référence (“benchmark”). Ce type de gestion s’appuie sur la conviction que les marchés ne sont pas toujours efficients, faussant ainsi la valorisation de certains titres.

Dans ce contexte, la performance des fonds actifs repose sur la capacité de leur gestionnaire à identifier les inefficiences de marches et sélectionner les titres ayant le plus de potentiel. Pour cela, il peut compter sur différents types de recherches financières, sur les données/statistiques économiques, sur les trends ou sur son propre jugement. Pour obtenir une performance supérieure à celle de son benchmark, le portefeuille du fonds actif diversifie ses investissements dans des proportions différentes de celles de l’indice de référence. Ainsi, le gestionnaire surpondère les investissements qui, selon lui, évolueront mieux que les autres et sous-pondère ceux qu’ils jugent moins attrayants.

Penchons-nous brièvement sur les performances actuelles des fonds actifs domiciliés en Europe. Dans son étude annuelle Analysing active & passive performance : What 2017 results tell us about portfolio construction (disponible ici), qui regroupe près de 6000 fonds actifs, Lyxor Asset Management montre que 44% des gérants actifs ont surperformé leur benchmark en 2017, contre 28% en 2016.Du côté des fonds actions actifs, 47% d’entre eux ont surperformé leur indice en 2017, en hausse par rapport au chiffre de 26% en l’année précédente (avec en tête de liste les gérants actifs actions italiennes ; 81%, les  gérants actifs sur le segment small caps européennes ; 72% et les gérants actifs sur le segment large-cap allemand; 61%). L’évolution est plus lente en ce qui concerne la gestion active obligataire. En effet, 39% des fonds actifs obligataires ont affiché une performance supérieure à celle de leur indice de référence, légèrement au-dessus de 2016 (31%).

 

Gestion passive

Les fonds passifs – ou indiciels – ont pour objectif de répliquer le plus fidèlement possible les performances de leur benchmark. A l’inverse de la gestion active, l’approche passive fonde sa stratégie sur la théorie de l’efficience des marchés. Au sein d’un marché efficient, les cours reflètent toutes les informations pertinentes. Partant de ce postulat, il n’est pas possible pour un investisseur d’obtenir un profit « anormal ». Il ne peut donc pas “battre le marché ” sur le long-terme.

La gestion passive, qui dépend nettement moins des capacités, du jugement et des recherches du gestionnaire, est souvent partiellement automatisée.

Selon l’étude de Lyxor, les sommes injectées dans les fonds passifs dépassent toujours celles investies dans les fonds actifs (l’écart, toutefois, se réduit). Les flux vers les fonds passifs ont atteint 963 milliards de dollars à l’échelle mondiale, une hausse de 42% par rapport à 2016.

 

Combinaison des deux approches

Si l’on peut trouver en chacune des deux approches avantages et inconvénients, il est également pertinent de se pencher sur leur potentielle coexistence au sein d’un même portefeuille. C’est autour de ce sujet que s’est tenue une conférence organisée par Funds Europe, en collaboration avec RBC Investor & Treasury Services ce mois-ci. Au cours de celle-ci, Richard Garland (MD chez Investec Asset Management), Shiv Taneja (cabinet de recherche Market Metrics) et Bella Caridade-Ferreir (directeur général du cabinet de recherche Fundscape) ont tous trois étés invités à réfléchir sur la meilleure façon de combiner gestion active et passive.

Selon eux, l’enjeu pour les investisseurs consiste ici à trouver le bon équilibre au sein de leur portefeuille. Les investisseurs devraient par exemple se tourner vers les fonds actifs sur des marchés qu’ils jugent moins efficients, et se tourner au contraire vers des fonds passifs sur des marchés qu’ils considèrent inefficients.

Combiner les deux approches est d’ailleurs une idée corroborée par Lyxor : « trouver le bon mix entre gestion active et passive aidera les investisseurs à construire des portefeuilles plus robustes ».  L’étude menée par le spécialiste européen de la gestion d’actifs suggère notamment une allocation optimale de 30-40% dans des fonds actifs et de 60- 70% dans des fonds passifs/Smart Beta. Lyxor met ainsi l’accent sur le rôle de la gestion passive. En effet, les gérants réellement capables de générer de l’alpha n’étant pas faciles à trouver, il paraît plus “prudent” d’allouer une partie plus large de son portefeuille aux fonds passifs/de type Smart Beta.

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