Megatrends, quelles perspectives de profit ?

Megatrends, quelles perspectives de profit ?
by Bérengère Brun

 / Par Bérengère Brun, 26 Avril 2018 15:01

L’affection des investisseurs pour les horizons de placement à court terme, notamment pour la recherche de liquidité, semble désormais rattrapée par un fort attrait pour le long terme. Les megatrends auraient aujourd’hui davantage de sens que l’évolution de certains indices. Ces vecteurs de performance – pour ne pas dire de surperformance – ont ainsi mené au développement de l’investissement thématique.

En 2015, Edmond de Rothschild lance son fond thématique dédié au Big Data

Les megatrends

Le terme megatrends – en français mégatendances ou hyper tendances – désigne l’ensemble des transitions de long terme (développement technologique, explosion démographique, réchauffement climatique), ayant un impact mondial sur le fonctionnement futur de multiples industries. Ces mutations se produisent indépendamment des cycles économiques. Les bouleversements que traverse le secteur du numérique en sont un excellent exemple. Appuyons-nous sur le développement du Big Data : l’idée que chaque donnée numérique émise puisse être collectée et interprétée par les entreprises – à bon ou mauvais escient – est un vecteur de création de valeur pour celles-ci. Elle mène à de nouveaux risques et défis, pour la plupart encore insoupçonnés. Ainsi en 2015, Edmond de Rothschild a lancé son fond thématique Edmond de Rothschild Fund – Big Data, relatif aux enjeux mentionnés ci-dessus. Son objectif ? Surperformer l’indice MSCI World1 sur une période d’investissement de cinq ans.

Cette tendance pour l’anticipation du futur séduit les investisseurs. L’ère où le stock picking – c’est-à-dire la sélection d’une valeur investie – dépendait en grande partie de la santé d’une entreprise traduisant de la pertinence de ses choix passés, semble se dissiper. C’est désormais l’investissement thématique qui les attire. Une approche plus transversale privilégiant des perspectives de croissance à venir, indépendamment de la phase du cycle économique2 dans laquelle nous nous trouvons.

Un vecteur de performance

La diversification d’un portefeuille répond à l’optimisation de sa performance selon le niveau de risque entrepris. Ainsi, dans un contexte où la remontée effective des taux directeurs, notamment aux États-Unis, se fait au détriment de la valorisation des portefeuilles obligataires et où les actions ne sont plus aussi « bon marché » qu’en 2017, les fonds thématiques viennent s’inscrire dans une optique de recherche de rentabilité élevée.

Rappelons à titre informatif que tel qu’annoncé début 2018, J. Powell – nouveau président de la Réserve Fédérale Américaine (FED) – a procédé en mars dernier à la première augmentation des taux directeurs (0,25 points). Aux vues des perspectives économiques aux États-Unis, il envisage deux, voire trois hausses supplémentaires d’ici fin 2018. Du fait que le prix des obligations suit une relation décroissante vis-à-vis des taux directeurs, la hausse de ces derniers affecte négativement la valorisation des marchés obligataires. Les investisseurs sont aujourd’hui contraints de vendre leurs titres avant maturité et à des prix fortement revus à la baisse. Vous l’aurez compris, il est aujourd’hui difficile de bénéficier d’un retour élevé sur ces marchés – victimes également d’autres facteurs macro-économiques – si ce n’est dans le domaine des high-yield. Les marchés actions sont quant à eux aujourd’hui confrontés à une nervosité notamment liée à la publication de nombreux résultats3, après une période de sous-performance en ce premier trimestre 2018.

Revenons à présent à l’avantage que présente l’investissement thématique. Pictet Asset Management –  société de gestion d’actifs indépendante et précurseur de cette nouvelle stratégie – a créé en 2000 puis lancé en 2006 sont premier fond thématique dédié à l’eau : Pictet-Water. Les positions de ce fonds se placent sur des sociétés actives dans les services environnementaux, de traitement, et dans la technologie de l’eau. Danaher, entreprise spécialisée dans l’approvisionnement en eau, fait partie des trois valeurs préférées du fonds et représente 3,8% de sa composition.

De même que le fonds EdR-Big Data, évoqué précédemment, Pictet-Water a pour indice de comparaison le MSCI World. Depuis son lancement, il le surperforme de plus de 10 %. En d’autres termes, la valeur liquidative d’une somme investie dans ce fonds s’apprécie plus vite que si elle avait été investie dans un fonds détenant passivement certaines valeurs du MSCI World.

Source : Pictet Asset Management

Ainsi, la gestion thématique offre aux investisseurs la possibilité d’exploiter des thèmes qui conduiront les marchés de demain. Elle se distingue non seulement en matière de performance mais également de sens et offre une opportunité de diversification dans un contexte de recherche de performance.

Selon vous, la durabilité de l’investissement thématique mérite-elle d’être questionnée ?

MSCI World Index est un indice boursier constitué des valeurs cotées des 23 pays les plus développés économiquement. La performance des marchés boursiers des pays émergents est quant à elle mesurée par l’indice MSCI Emerging Market Index. MSCI est l’acronyme de Morgan Stanley Capital Investment.

les phases du cycle économique influent directement sur les fluctuations des marchés actions. Ces derniers ayant une tendance pour l’anticipation, le pic des actions est souvent atteint avant même que la croissance n’ait entamé une phase de récession. Les megatrends ont l’avantage d’être décorrélées des cycles économiques.

3 à la fin de chaque trimestre, les entreprises cotées ont l’obligation légale de publier leurs résultats financiers. Ces derniers étant souvent anticipés par les analystes financiers, cette période se traduit par une forte volatilité sur les marchés du fait des changements de positions.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *